lundi 14 mars 2016

Quand Christian Garcin écrit pour la jeunesse, mais pas que...

L'aigle Lelio Lodoli.
Ah ! les magnifiques estampes de Hiroshige en couverture des romans de Christian Garcin pour la jeunesse !
Bien que ces livres soient destinés avant tout aux ados, je n'ai pas résisté pas à l'envie de les lire avec mon neveu (onze ans).
Nous voilà partis en voyage au fin fond de la Russie, Au bord du lac Baïkal, et sur les rives d'un fleuve long de plus de 4 000 km avec Les papillons de la Léna et enfin en Patagonie, avec La perspective du Condor.
S'ils sont destinés aux jeunes lecteurs, c'est probablement parce qu'il s'agit de contes animaliers ou de fables fantastiques et drôlatiques où les animaux s'expriment, rêvent, se comportent comme des humains (ce qui leur vaut parfois d'être totalement inadaptés à leurs milieux) et portent des noms à coucher dehors.
Ce sont des romans d'aventures où règne la loi de la nature et de la condition animale où, pour survivre, il faut manger l'autre, et où l'on est soit une proie soit un prédateur.
En fait, ces romans et nouvelles sont d'une telle richesse et d'une telle subtilité que de moins jeunes lecteurs — mais l'esprit n'a pas d'âge — y trouvent aussi grand plaisir.
On y retrouve notamment ce goût de Christian Garcin pour les histoires croisées, labyrinthiques, qui s'emboitent les unes dans les autres ou se répondent, les jeux de miroir avec d'autres livres de son œuvre et un double de l'auteur (le fameux Chen Wanglin, personnage qui signe certains de ses romans), mais aussi ce goût des voyages, de la nature et des animaux, bien sûr, des grands espaces, de l'Extrême-Orient ou de la Patagonie, d'un autre regard sur le monde et les choses invisibles et mystérieuses, etc.
Autant de points que l'on retrouve avec jubilation ou que l'on peut découvrir pour la première fois, car nul besoin d'avoir lu toute l'œuvre pour s'y retrouver et apprécier.
On sent que l'auteur s'est beaucoup amusé — un plaisir des mots et des noms communicatif — à écrire ces histoires et à trouver aux personnages des noms qui sont de véritables exercices de diction : Lelio Lodoli, Nastiouchka Pilipili, Opatija Domoul, Malmousque Gourbi, Mitrofane Stakhanov, le fantôme Shukukurhtumahgoon, Gonzalo Potopodo ou le condor Juan Pablo Ignacio IV de la Cruz.
Ne passez pas à côté de ces trésors sous prétexte que cela n'est soi-disant plus de votre âge.

Ces trois livres sont édités à L'école de Loisirs, dans la Collection Médium :
- Au bord du lac Baïkal, 2011, 140 pages.
- Les papillons de la Léna, 2012, 146 pages.
- La perspective du Condor, 2016, 128 pages.

 D'autres chroniques sur les livres de Christian Garcin à lire dans ce blog :
- Selon Vincent et un entretien sur Selon Vincent, avec de superbes photos de Patagonie, mais pas que...
- Vétilles
- J'ai grandi
- Labyrinthes et Cie, La jubilation des hasards et Carnet japonais
- La neige gelée ne permettait que de tout petits pas
- Sortilège- Des femmes disparaissent
- Les nuits de Vladivostok
- Les vies multiples de Jeremiah Reynolds

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